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Agriculture de conservation des sols en démonstration

Les nouvelles techniques d’amélioration de la fertilité des sols suscitent le plus grand intérêt chez les agriculteurs et les techniciens comme en témoigne le succès de la journée organisée par la Chambre d’Agriculture le 7 novembre à CASTELNAU-MONTRATIER. Elle y avait réuni près de 200 professionnels pour venir écouter le rendu d’expérience d’un grand spécialiste français de ce domaine, Frédéric Thomas, et commenter les essais de couverts végétaux qu’elle a mis en place sur une parcelle du village. Cette journée sur l’Agriculture de conservation des sols a remis en cause pas mal de certitudes sur les pratiques agraires ancestrales, notamment le labour, et démontré tout l’intérêt des couverts végétaux inter-cultures capables d’enrichir la fertilité et donc la productivité des sols.

L’institution avait invité l’un des grands spécialistes français, Frédéric Thomas, agriculteur en Sologne et expérimentateur de ces méthodes depuis vingt ans. Pionnier du non labour et de la mise en place des couverts végétaux, il a rappelé les fondements agronomiques du comportement des sols. Ces nouvelles pratiques visent à augmenter leur fertilité en développant leur vie microbienne et animale afin de favoriser le travail biologique. Ces phénomènes physiques et chimiques naturels participent activement à leur enrichissement, augmentent leur taux de matière organique et leur capacité de rétention en eau. Il a insisté sur l’importance d’éviter les sols nus et le retournement du profil par labour car cela casse la structuration naturelle, la capillarité et appauvrit la biomasse qui y vit.

RÉVOLUTION AGRONOMIQUE

Frédéric Thomas travaille sur son exploitation des terres difficiles, plutôt pauvres, et rencontre nombre de situations compliquées comme la plupart des agriculteurs. Il est très curieux et a visité beaucoup de pratiques favorisant le sol en Europe mais aussi en Amérique et sur d’autres continents. Il en a tiré des conclusions concrètes, principalement autour du rôle central du sol qui est déterminant pour assurer le succès des cultures en toutes circonstances. Il tirait la sonnette d’alarme « depuis l’arrivée de la mécanisation lourde, on maltraite nos sols agricoles, on les tasse, on les appauvrit en les retournant, on favorise leur lessivage… il faut revenir à des pratiques plus respectueuses capables de les régénérer, de les enrichir et de favoriser leur vie naturelle qui travaille pour nous... ».

Il soulignait que cette nouvelle voie prend du temps, nécessite plusieurs années pour redresser leur fertilité en instaurant une biodiversité fonctionnelle. Adepte du non labour, du semis direct sous couvert et de l’utilisation systématique des couverts végétaux, il faisait part de ses pratiques pour réussir leur implantation et trouver des solutions pertinentes aux mauvaises herbes et aux excès d’humidité ou de sécheresse. Très humble, il avouait connaître également des échecs qui doivent déboucher sur de nouveaux apprentissages et permettre d’aller de l’avant. Il insistait sur la nécessité de la connaissance individuelle, chaque exploitation étant un cas particulier, il revient à chaque agriculteur de trouver ses propres solutions avec les pratiques les mieux adaptées à ses sols. Un message très positif loin des itinéraires techniques uniformes imposés autrefois dans toute la France.

L’INTÉRÊT DES COUVERTS VÉGÉTAUX

Au centre de ces nouvelles pratiques agraires, les couverts végétaux font l’objet de toutes les attentions et de nombreuses expérimentations car ils cumulent beaucoup d’avantages : enrichissement du sol en matière organique, protection contre l’érosion, absorption des éléments fertilisants lixiviables, structuration du profil vertical du sol, lutte contre les adventices… Ils peuvent aussi fournir un complément fourrager pour les animaux et constituer une rupture parasitaire contre les nuisibles. Il convient donc de réussir leur implantation en les semant au bon moment avec les outils appropriés et si possible à moindre coût. Les expériences montrent clairement l’intérêt des mélanges qui doivent être privilégiés car la combinaison des effets positifs de leurs diverses plantes constitue un atout majeur. En effet, les graminées apportent certains avantages, les légumineuses d’autres et les crucifères encore d’autres. Il ne faut donc pas hésiter à les mélanger au sein de couverts végétaux qui peuvent compter jusqu’à dix espèces différentes.

Au cours de l’après midi, les participants ont d’ailleurs été invités à visiter les essais de couverts végétaux réalisés sur une parcelle proche de CASTELNAU-MONTRATIER par la Chambre d’Agriculture en partenariat avec les semenciers Barenbrug et Caussade Semences. L’ingénieur « développement-innovation » Fabien BOUCHET-LANNAT commentait ces essais lotois réalisés côte à côte dans les mêmes conditions pédo-climatiques. Neuf mélanges ont été testés avec de nombreuses espèces végétales. Les agriculteurs ont pu comparer leurs développements, la biomasse produite et la pousse des différentes espèces. Certains mélanges ont fourni des résultats spectaculaires avec une végétation abondante dépassant 1,50 mètre de hauteur.

Au cœur de cette parcelle, la Chambre d’Agriculture avait fait creuser une fosse pédologique afin de mettre en évidence le profil du sol, sa vie biologique et son utilisation par les racines de ces plantes. Frédéric Thomas assurait ce commentaire en direct auprès des participants en répondant aux nombreuses questions qui furent posées. Ce profil de sol s’avérait extrêmement instructif et donnait lieu à des interprétations très concrètes que les agriculteurs ont beaucoup apprécié.

Enfin, l’après midi se terminait avec la présentation de semoirs permettant d’implanter ces couverts végétaux. Cinq matériels de marques différentes aux caractéristiques propres que les agriculteurs ont pu ausculter de près et voir évoluer sur les couverts pour certains.

 

Cette journée très suivie a donné lieu à de nombreux échanges et suscité quantité de réflexions et de commentaires entre les participants.

Contact :
Chambre d’Agriculture, pôle Environnement et Végétal
Tél. : 05 65 23 22 22
Email : environnement@lot.chambagri.fr

 

A noter que Frédéric THOMAS reviendra sur notre département pour une formation sur les couverts végétaux en vignes fin janvier 2018.

 

 


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